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La trophallaxie chez l'abeille

La trophallaxie chez l'abeille

Les abeilles intriguent toujours les humains par leur don de communiquer entre elles. Un transfert de messages qui ne se fait pas uniquement par les odeurs, les phéromones, et les mouvements du corps, la danse des abeilles, mais également par leur façon de se nourrir et de nourrir leurs congénères au sein de la colonie : la trophallaxie.

La trophallaxie 

Le terme trophallaxie vient du grec trophein qui signifie nourrir et allassein pour dire échanger. C’est un mode de partage de nourriture adopté par les insectes qui vivent en colonies, comme les abeilles, les fourmis et les guêpes.

Le nourrissage se fait par l’échange de nourriture entre des individus appartenant à la même colonie. C’est en quelque sorte un bouche-à-bouche alimentaire.

Comment se fait la trophallaxie ?

Les insectes, comme les abeilles, ont la particularité de posséder 2 estomacs. L’abeille se sert du premier pour se nourrir elle-même et du deuxième pour nourrir les autres individus de la colonie. C’est en sollicitant ce deuxième estomac qu’on parle de trophallaxie.

Ce mode de transfert alimentaire se fait de l’abeille ouvrière vers la reine, les autres ouvrières et les larves. Les demandeuses sollicitent la nourriture en tapotant un code sur les antennes de l’abeille donneuse. Celle-ci ne répond pas toujours par l’affirmative. Elle peut refuser la demande. Mais, si elle est d’accord pour la trophallaxie, elle amène une goutte de miel sur le bord de ses mandibules et la quémandeuse n’aura qu’à l’aspirer grâce à sa langue dépliée.

Les types de trophallaxies

Il y a deux types de trophallaxies :

  • La stomodéale : c’est le cas des insectes qui possèdent 2 estomacs. L’un pour la digestion, l’autre pour le stockage des réserves destinées à nourrir les autres individus. Elle concerne les abeilles, les fourmis ouvrières et les guêpes ouvrières.
  • La proctodéale : la nourriture est contenue dans l’intestin postérieur de l’insecte donneur, qui la transmet aux autres individus via son anus. Une pratique fréquente chez les termites et les blattes.

À qui profite la trophallaxie ?

La trophallaxie comme partage alimentaire a deux objectifs. D’une part, elle est essentielle aux abeilles (mâles et ouvrières) qui sont obligées de rester dans la ruche ou le nid et n’ont donc pas moyen de se nourrir par leurs propres moyens. Le nourrissage à domicile est alors la solution pour assurer leur survie.

D’autre part, la trophallaxie permet aux butineuses de faire passer le nectar récolté aux ouvrières chargées de fabriquer le miel. Ces dernières le mélangent à leur salive et le passent à leur tour à d’autres abeilles ouvrières, jusqu’à la fabrication finale du miel.

La trophallaxie : plus que du miel

Lors d’une trophallaxie, l’ouvrière ne donne pas uniquement du miel. Elle échange avec ses bénéficiaires autre chose de très important pour la gestion de l’ensemble de la colonie. En fait, l’abeille communique des informations chimiques qui influent le comportement des autres individus de la colonie. Les messages passent chimiquement à travers des substances salivaires transférées par petites quantités.

cet article a été publié le 04/09/2019 et mis à jour le 30/07/2019

À propos des auteurs

Cet article a été rédigé par mon équipe de rédacteurs et moi-même. Je m'appelle Guillaume Lombard, je suis le dirigeant de la société Luberon Apiculture et responsable de publication sur Apiculture.net. Apiculteur passionné, je représente la troisième génération d'une famille dédiée aux abeilles depuis 1929.

Tout a commencé avec mon grand-père, Paul, à Cheval-Blanc. Mon père, Alain, a repris le flambeau en 1976 avant d'ouvrir le magasin « Luberon Apiculture » en 1998 pour partager notre expertise et le meilleur matériel. Pour ma part, j'ai rejoint l'entreprise familiale en 2000. Fort de cet héritage et de mon expérience quotidienne au rucher, j'ai co-fondé Apiculture.net.
Sur ce blog, je partage avec vous ce savoir-faire familial de plus de 80 ans, que vous soyez débutant ou professionnel. Je sais ce dont vous avez besoin, car je le vis au quotidien.

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