Le blog
apiculteur

L'actu des apiculteurs

L'interdiction de certains pesticides en Europe

L'interdiction de certains pesticides en Europe

Le 19 janvier 2023 est une belle journée pour les apiculteurs et les partisans de la biodiversité. Après des années de lutte contre l’utilisation d’un pesticide toxique pour les abeilles, ils ont obtenu gain de cause. En effet, la Cour de Justice de l’U.E. a réaffirmé l’interdiction des néonicotinoïdes, le pesticide en question.

Les néonicotinoïdes ?

Les néonicotinoïdes désignent une classe d’insecticide d’un usage très courant, partout dans le monde, notamment dans le domaine de l’agriculture. Ils ont le pouvoir de supprimer les insectes nuisibles, tels que les puces et les pucerons, en agissant sur leur système nerveux. 

On les retrouve sur le marché sous forme d’enrobage de graines et de semences (en agriculture) et même dans les colliers antipuces pour les animaux de compagnie.

La sonnette d’alarme 

La sonnette d’alarme a été tirée contre le néonicotinoïde depuis 2019 par deux organismes et un individu :

- Nature et Progrès : une association belge qui œuvre pour l’agrobiologie

- Pesticide Action Network : réseau qui réunit plus de 600 organisations non gouvernementales, qui luttent contre l’usage des pesticides

- un apiculteur d’origine belge.

Quel est le problème ? En fait, les néonicotinoïdes sont utilisés par les agriculteurs depuis longtemps, pour protéger les plants. Néanmoins, il s’est avéré que ces insecticides ne s’attaquent pas uniquement aux insectes nuisibles, mais à d’autres comme les abeilles. D’ailleurs, les néonicotinoïdes ont joué un rôle considérable dans l’effondrement des populations d’abeilles en Europe. 

L’impact sur l’abeille 

Destiné à protéger le plan, le pesticide se retrouve au début sur la graine. Ensuite, et au bout d’une certaine période, il passe de la graine au sol qui l’entoure. Et si une plante est traitée aux  néonicotinoïdes, il va de soi que son pollen en sera affecté. Et  l’abeille qui aura le malheur de butiner cette plante sera à son tour affectée. Et c’est le cas des pollinisateurs responsables de la biodiversité de notre planète.

Le fait de butiner le pollen contaminé par les néonicotinoïdes ne tue pas l’abeille sur le coup. Mais, cela affecte son système nerveux central,  son système immunitaire et même sa reproduction. Elle perd le sens de l’orientation et ne retrouve plus le chemin vers sa ruche d’origine.

Un pesticide interdit depuis 2018, mais …

En 2018, on a découvert l’effet néfaste des néonicotinoïdes sur les abeilles et depuis, et depuis on a interdit son utilisation en Europe. 

Mais cette loi est restée noir sur blanc puisque les dérogations à cette interdiction se succédaient, sous forme « d’autorisation d’urgence ». Au sein de l’U.E., il y a eu 236 dérogations à la loi de 2018, en l’espace de 4 ans (2019-2022). 

C’était le cas par exemple, en Belgique, où les agriculteurs qui cultivaient certains légumes (laitue, betterave, carotte) disaient n’avoir aucune autre solution pour protéger leurs plants, à part le recours aux néonicotinoïdes.

La fin des néonicotinoïdes ?

Il semble que non, puisque la Belgique continue de produire et même d’exporter ces insecticides vers d’autres pays dans le monde.

cet article a été publié le 11/04/2023 et mis à jour le 11/04/2023

À propos des auteurs

Cet article a été rédigé par mon équipe de rédacteurs et moi-même. Je m'appelle Guillaume Lombard, je suis le dirigeant de la société Luberon Apiculture et responsable de publication sur Apiculture.net. Apiculteur passionné, je représente la troisième génération d'une famille dédiée aux abeilles depuis 1929.

Tout a commencé avec mon grand-père, Paul, à Cheval-Blanc. Mon père, Alain, a repris le flambeau en 1976 avant d'ouvrir le magasin « Luberon Apiculture » en 1998 pour partager notre expertise et le meilleur matériel. Pour ma part, j'ai rejoint l'entreprise familiale en 2000. Fort de cet héritage et de mon expérience quotidienne au rucher, j'ai co-fondé Apiculture.net.
Sur ce blog, je partage avec vous ce savoir-faire familial de plus de 80 ans, que vous soyez débutant ou professionnel. Je sais ce dont vous avez besoin, car je le vis au quotidien.

Articles associés