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La vie de la ruche

Le Frelon asiatique

Le Frelon asiatique

Ennemi juré des insectes, le frelon asiatique est un prédateur qui gagne du terrain. Faites connaissance avec la terreur des ruches.

Une invasion en progression

Tout comme l’abeille, le frelon, de son nom Vespa velutina, est un insecte qui vit en colonies. Son appellation est due à son origine car les 7 sous espèces de frelons à pattes jaunes ont été découverts pour la première fois en Asie continentale.

Bien que le frelon soit habitué à un climat subtropical, il s’est accommodé peu à peu au climat tempéré européen. Sa capacité à s’acclimater lui permet de coloniser d’autres territoires chaque année. L’arrivée du frelon en France est relativement récente, sa présence n’ayant pas encore été imaginable il y a 10 ans. La première découverte d’un nid eut lieu en 2004.

Une vie en communauté

Morphologiquement, il s’agit d’un insecte long de 3 cm, muni de pattes jaunes et d’un abdomen cerné par un anneau noir et jaune. La colonie de frelons est, tout comme celle des abeilles, dirigée par une reine, et principalement constituée d’ouvrières. La reine vit pendant 1 an et mesure environ 3,5 cm. C’est au printemps que les premières larves qui seront les ouvrières de première caste sont nourries.

Deux mois après, celles-ci deviendront adultes. La fin de la période estivale est celle de la différentiation sexuelle. Celles qui deviendront des femelles seront les futures reines et seront mises au vert pendant un temps pour ressortir au printemps et créer de nouvelles colonies.

Quant au nid, sphérique, appelé « guêpier », il est bâti en hauteur pendant le printemps et contient environ 2000 frelons.

Un mode de vie organisé

Les ouvrières de la ruche chassent pendant l’été et toute la colonie laisse le nid vide pendant l’hiver. A cette dernière période, les femelles sont cachées afin de survivre pour reconstruire de nouvelles colonies une fois le givre passé. Le frelon asiatique, à la différence des abeilles, se nourrit des protéines contenues dans la chair d’autres insectes, voilà pourquoi il est un prédateur des abeilles.

De plus, on ne lui connait aucun prédateur actuellement, ce qui rend sa régulation inexistante. Son mode opératoire est simple : il effectue un vol stationnaire devant une ruche et dépèce la victime qui sort sur le champ, puis ramène les parties riches en protéines dans son nid pour la nourriture des larves. Ils peuvent parfois s’y mettre à plusieurs.

En Chine, les abeilles ont fini par trouver un moyen de neutraliser un frelon qui est entré dans une ruche : elles battent ensemble des ailes pour réchauffer l’habitat et tuer le frelon par hyperthermie.

Un autre danger ?

Comme tous les insectes pourvus d’un dard destiné à leur défense, les frelons piquent. Sans être vraiment dangereuse pour l’homme, la piqure peut être toutefois cause de complications médicales lorsqu’elle est multiple ou lorsqu’on a été atteint sur une muqueuse. Généralement, le nid est placé haut mais il arrive que des frelons, dotés d’une attitude opportuniste, placent leur nid sur des branches accessibles aux enfants, ce qui représente un véritable danger. Les recherches pour la lutte contre les frelons asiatiques semblent heureusement être prometteuses.

Bon à savoir

Depuis son arrivée en France en 2004, la présence du frelon asiatique s’est largement répandue sur le territoire national. Et pas que. En effet, selon les chiffres du CNRS, 8 ans seulement après son arrivée en France (selon l’histoire la plus vraisemblable, l’espèce a été introduite dans des poteries chinoises venant de pays asiatiques dans lesquelles quelques reines se seraient cachées), la colonie dans son ensemble s’étend au total sur 360 000 km² en Europe ! 

Depuis, la présence de ce prédateur sur le sol européen n’a eu de cesse d’exercer une pression sur la filière de l’apiculture. En effet, comme nous l’avons déjà évoqué, le frelon asiatique, ou vespa velutina, s’attaque aux ruches et donc à l’abeille. Certains chercheurs s’interrogent également sur l’impact de ces espèces sur l’environnement, notamment sur la destruction de la biodiversité. 

Pour tenter de lutter contre ce fléau, de plus en plus d’articles, publiés sur Internet ou autres, appellent à recourir au piégeage, notamment pour les fondatrices. Cette technique consiste à utiliser un appât dans des pièges pour attirer les fondatrices, et ainsi ces insectes se retrouvent piégés. Cependant, un frelon piégé ne signifie pas nécessairement la fin de la colonie. En effet, la plupart des colonies de frelons se font selon la méthode de l’usurpation de nids primaires (qui est une technique très répandue également chez les guêpes). En piégeant certaines fondatrices, cela diminue la « compétition » entre les reines pour l’usurpation des nids, et donc rend plus facile l’installation d’une nouvelle colonie.  Pour que cette méthode soit effective, il faudrait donc détruire tous les nids. Cela signifie que pour chaque nid, il faudrait détruire plus de 70% des ouvrières, c’est-à-dire plus de 3000 individus dans chaque nid ! Sans oublier que le piégeage peut également être nocif pour d’autres espèces, qui pourraient, elles aussi, être attirées par les appâts. C’est pourquoi, de plus en plus de chercheurs, notamment l’entomologiste Claire Villemant, préconisent de ne pas avoir recours au piégeage, qui serait en réalité contre productif. 

Mais alors que faire si vous trouvez un nid de frelons asiatiques dans votre jardin ? Le mieux est de l’observer de loin (le frelon asiatique n’est pas agressif, sauf si vous vous approchez trop près de son nid), et si possible de contacter un apiculteur, ou les pompiers, si le nid se trouve dans un endroit situé dans la ligne de mire des enfants. Ils sauront comment se comporter face à cette espèce d’insecte. Si vous tentez de détruire le nid, ou si vous vous approchez trop près,  il y a un risque de piqûre.  Comme pour une piqûre de guêpe, le venin du frelon asiatique n’est pas toxique.  Cependant, cela peut être plus douloureux, car le frelon asiatique est plus gros qu’une guêpe « classique », lorsqu’il pique il injecte donc plus de venin. 

De même, puisqu’il ne perd pas son dard lorsqu’il pique, il peut donc piquer à plusieurs reprises. C’est dans ce cas-là que la piqûre peut être un peu plus dangereuse.  Comme pour toute piqûre d’insecte, si vous constatez la moindre réaction allergique, il est conseillé d’appeler le SAMU ou les pompiers pour que vous soyez pris en charge. Sinon, ôtez le dard ainsi que tous vos bijoux (colliers, bagues, bracelets) qui pourraient faire pression en cas de gonflement.  Puis lavez et désinfectez l’endroit de la piqûre. Surveillez la zone pendant au moins 48H. 

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