L’année 2024 marque un tournant préoccupant pour l'apiculture française. Après une année 2023 encourageante, les résultats de la saison actuelle dressent un constat sévère pour la filière. Entre instabilité climatique et difficultés de butinage, voici le bilan détaillé de la production de miel cette année.
Une chute brutale de la production nationale
Selon les estimations de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF), la récolte de miel 2024 en France s’élève à environ 12 000 tonnes. Ce chiffre représente une baisse de près de 40 % par rapport à l'année précédente, où la production avait atteint les 20 000 tonnes. Pour rappel, la France consomme environ 45 000 tonnes de miel par an, ce qui signifie que la production locale couvre à peine un tiers des besoins nationaux cette année.
Les causes : quand l'excès d'eau remplace la sécheresse
Contrairement aux années passées marquées par des sécheresses récurrentes, c’est l’excès d'eau et le froid qui ont pénalisé les colonies en 2024.
- Un hiver trop doux : Les colonies ont repris leur activité très tôt (parfois fin janvier), mais les conditions se sont dégradées dès le printemps.
- Un printemps et un début d'été pluvieux : Les précipitations ont augmenté de 45 % cette saison. Ces pluies incessantes, accompagnées de gelées tardives et de vent, ont empêché les abeilles de sortir butiner le nectar et le pollen.
- Un surcoût pour les apiculteurs : Pour éviter que les colonies ne meurent de faim, les apiculteurs ont dû fournir des compléments alimentaires massifs, engendrant une charge de travail et des frais financiers considérables.
Le détail des miellées par variété
Le bilan varie fortement selon les fleurs et les régions :
- Les déceptions : Les récoltes de colza ont été décevantes dans l'Ouest et le Centre. Les miellées de romarin, thym et bruyère blanche sur le pourtour méditerranéen ont été extrêmement réduites. L’acacia a été largement perturbé par les gelées et les orages.
- Les résultats contrastés : Le châtaignier s’en sort de façon satisfaisante, bien qu'irrégulière à cause des orages. Les miels de montagne et polyfloraux sont globalement en baisse, sauf dans certains massifs épargnés.
- Les rares satisfactions : La récolte de lavande est jugée bonne en Provence et très bonne dans les nouveaux secteurs de production du centre de la France. Le tournesol affiche des résultats meilleurs qu'espérés, tout comme la luzerne et le sainfoin.
Perspectives et conseils pour l'avenir
Face à ce bouleversement climatique désormais omniprésent depuis quinze ans, l’apiculteur doit s’adapter pour protéger ses colonies.
Améliorer l'environnement des abeilles
- Multiplier les plantations de fleurs et plantes mellifères autour des ruchers pour pallier les périodes de disette.
- Privilégier des méthodes de culture sans pesticides pour renforcer la santé immunitaire des abeilles.
- Surveiller régulièrement la santé des colonies et privilégier des traitements biologiques en cas de maladie.
Soutenir la filière locale
Malgré la faible quantité, les miels de 2024 restent d'une grande qualité et d'une grande diversité aromatique. En tant que consommateur, privilégier le miel français est essentiel pour soutenir les exploitations fragilisées qui font face à la concurrence des miels d'importation à bas prix.
Source
UNAF - Récoltes de miels 2024 : – 40% par rapport à 2023. A peine 12 000 tonnes de miels produites
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