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Le Varroa et la varroase : tout savoir en 2026

Le Varroa et la varroase : tout savoir en 2026

Le varroa et la varroase, la maladie qu’il entraine avec lui, sont des causes de pertes de colonies. Varroa destructor est présent sur la quasi-totalité de la planète (En France, l'île d'Ouessant, dernier territoire métropolitain épargné, est infestée depuis 2022). Comment les identifier ? Quel est leur cycle de vie et leur mode d'alimentation ?

Comment reconnaître les varroas ?

Un apiculteur doit être capable de repérer rapidement ces acariens parasites de l’abeille et de les éradiquer avant qu’ils ne contaminent toute la ruche.

La femelle du varroa (Varroa destructor) présente une forme elliptique caractéristique, plus large que longue. Elle mesure de 1 à 1,2 mm de long sur 1,5 à 1,8 mm de large, ce qui la rend parfaitement visible à l'œil nu. Sa cuticule de couleur brun foncé, renforcée de sclérotine, lui confère une grande rigidité. Les femelles disposent de ventouses à l'extrémité des pattes, qui leur permettent de s'agripper solidement aux abeilles.

Le mâle quant à lui présente une couleur jaunâtre avec une forme assez arrondie. Il est plus difficile à repérer, car son diamètre varie entre 0,8 et 0,9 mm. Pour le trouver, il faudra regarder minutieusement les cellules du couvain de l’abeille dans lesquelles il vit exclusivement.

Cycle de vie des varroas

La reproduction des varroas se déroule dans le couvain.

La femelle fondatrice se place dans une cellule occupée par une larve d’abeille juste avant le moment de l’operculation. Elle commence à pondre 60 à 70 heures après l'operculation et pond à un rythme d’un œuf toutes les 30 heures. Elle peut pondre jusqu'à 6 œufs dans du couvain d'ouvrières et jusqu'à 7 dans du couvain de faux-bourdons.

Le premier œuf est toujours celui d'un mâle, les autres seront toujours des œufs femelles. Un mâle nouvellement éclos fécondera les varroas femelles dès leur naissance. Ces dernières sortiront de la cellule au moment de la naissance de l'abeille, tandis que le mâle varroa restera dans la cellule et mourra. Dans une cellule d'ouvrière, seules 1 à 3 filles fécondées parviennent à maturité avant l'éclosion de l'abeille ; dans une cellule de faux-bourdon, ce chiffre peut atteindre 4, car la gestation du mâle dure 24 jours contre 21 jours pour une ouvrière, ce qui laisse davantage de temps au cycle de reproduction du parasite.

Quelques jours plus tard, ce cycle de reproduction va recommencer. Ces parasites se reproduisent donc de façon exponentielle et peuvent entrainer une vraie hécatombe pour tout un rucher si une seule ruche venait à être touchée.

Mode d'alimentation du varroa

Pendant longtemps, on a cru que la femelle varroa se nourrissait de l'hémolymphe (le « sang » des insectes) en perçant le tégument de l'abeille. Une étude fondamentale publiée en 2019 dans le PNAS (Ramsey et al. - voir [Source 2]) a renversé ce dogme de 50 ans : le varroa se nourrit en réalité principalement du corps gras de l'abeille hôte, un organe analogue au foie chez les mammifères. Cette destruction du corps gras compromet directement la capacité de l'abeille à détoxifier les pesticides, à gérer son système immunitaire et à stocker des réserves nutritives, ce qui explique la diversité des pathologies observées lors d'une infestation. Cela fait de la femelle varroa une menace pour l'ensemble de la colonie : reinesmâles et ouvrières.

Comment se débarrasser du varroa ?

Pour contrôler la prolifération des varroas, différents moyens sont à disposition des apiculteurs, souvent combinés entre eux.

La recherche d'abeilles tolérantes, voire résistantes au varroa est une piste de plus en plus concrète. L'abeille asiatique Apis cerana a co-évolué pendant des millénaires avec Varroa destructor, ce qui lui a permis de développer des comportements de défense efficaces. Apis mellifera, n'ayant pas bénéficié de cette co-évolution, est beaucoup plus vulnérable. Des programmes de sélection actifs en Europe travaillent aujourd'hui sur des lignées présentant un comportement dit VSH (Varroa Sensitive Hygiene), c'est-à-dire capables de détecter et d'éliminer le couvain infesté.

Certains apiculteurs ont recours à des moyens zootechniques : pose de plateaux grillagés pour surveiller le niveau d'infestation, piégeage par couvain mâle ou blocage de ponte de la reine. Ces techniques, utilisées de façon raisonnée, permettent de limiter la prolifération sans recourir systématiquement aux traitements chimiques.

Des traitements à base d'acide oxalique ou de thymol, d'origine naturelle, sont aujourd'hui largement utilisés et reconnus comme efficaces. Les acaricides de synthèse restent disponibles mais doivent être manié avec précaution, des phénomènes de résistance ayant été documentés dans plusieurs pays européens.

Lire notre article dédié : Méthodes et traitements pour se débarrasser du Varroa

Sources

  1. https://www.ada-aura.org/lutte-contre-varroa/biologie-du-varroa/
  2. https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1818371116

cet article a été publié le 19/01/2016 et mis à jour le 20/03/2026

À propos des auteurs

Cet article a été rédigé par mon équipe de rédacteurs et moi-même. Je m'appelle Guillaume Lombard, je suis le dirigeant de la société Luberon Apiculture et responsable de publication sur Apiculture.net. Apiculteur passionné, je représente la troisième génération d'une famille dédiée aux abeilles depuis 1929.

Tout a commencé avec mon grand-père, Paul, à Cheval-Blanc. Mon père, Alain, a repris le flambeau en 1976 avant d'ouvrir le magasin « Luberon Apiculture » en 1998 pour partager notre expertise et le meilleur matériel. Pour ma part, j'ai rejoint l'entreprise familiale en 2000. Fort de cet héritage et de mon expérience quotidienne au rucher, j'ai co-fondé Apiculture.net.
Sur ce blog, je partage avec vous ce savoir-faire familial de plus de 80 ans, que vous soyez débutant ou professionnel. Je sais ce dont vous avez besoin, car je le vis au quotidien.

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