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L'arrêté sur les néonicotinoïdes

L'arrêté sur les néonicotinoïdes

Il y a quelques mois Monsieur Le Foll Stéphane avait annoncé un projet d’arrêté interministériel pour l’interdiction des épandages en journée afin d’éviter la destruction massive des colonies d’abeilles et de tous insectes pollinisateurs. A l’époque il était déjà interdit d’épandre durant la matinée les produits chimiques mentionnant le mot « abeille ». Malheureusement trop de dérogations ont été données. Avec ce nouvel arrêté plus aucune ne doit être permise. « Il faut que chacun ait conscience qu’il faut faire des efforts » et « il s’agit d’assurer la production agricole et en même temps d’assurer la pollinisation et la production de miel » insiste le Ministère.

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) a menée une étude sur les conséquences des épandages par rapport à l’activité de l’abeille. Il en ressort que l’activité de cet insecte est en phase avec la luminosité. Les épandages matinaux impacteraient donc très fortement les abeilles qui butinent les plantes arrosées de produits phytosanitaires. « Il va falloir qu’on modifie les pratiques d’épandage vers des épandages le soir » explique le ministre Stéphane Le Foll. Ainsi les agriculteurs devront répandre leurs produits au coucher du soleil et durant les trois heures qui suivent.

Agriculture intensive

Un projet bien avancé

C’est après cette annonce que le projet d’arrêté envers les pesticides s’est déroulé du 1er au 22 décembre 2014. La proposition de résolution « relative à la préservation des insectes pollinisateurs, de l’environnement et de la santé » et un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes. Elle a été validée et signée par 182 députés et sénateurs. Cette proposition sera soumise aux sénateurs le 4 février. De nombreuses ONG (Greepeace, Fondation Nicolas Hulot, Générations Futures) et organisations syndicales (Unaf, Confédération paysanne) voient dans ce texte une chance de baisser l’usage des pesticides qui détériorent l’environnement.

Le but de ce texte est aussi d’alerter le gouvernement à mettre en place en urgence des dispositions contre certains pesticides notamment et de faire remonter cette initiatives aux instances européennes pour qu’elles puissent agir en conséquence de cause.
Joël Labbé, sénateur EELV du Morbihan, précurseur dans cette réflexion s’est basé sur une étude de la Task force on systemic pesticides, menée dans 15 pays qui démontre que « les pesticides de la famille des néonicotinoïdes, puissants neurotoxiques, ont des effets bien au-delà des abeilles et des insectes pollinisateurs : c’est l’ensemble de la faune du sol, de l’air et des eaux qui est touché. Dans le domaine de l’environnement, ils provoquent une hécatombe sur la biodiversité du sol, de l’air et des eaux ». Il espère que cette initiative sera écoutée et portera ses fruits.

Des impacts qui ne sont pas pris en compte

Mais dès la fin de la consultation, le 22 décembre 2014, les critiques se faisaient déjà entendre. En effet, l’AGPM (Association générale des producteurs de maïs) dénonçaient les nouvelles pratiques qui seraient inacceptables.

En effet, certaines dérogations seront encore données comme pour les cultures de maïs qui pourront recevoir leur épandage 2h avant le coucher du soleil. Or cette filière fait pression pour aménager des nouvelles plages d’horaires qui permettraient d’user de ces pratiques dès 14h. Les viticulteurs pourront également traiter leur vigne 2h avant le coucher du soleil. Les fleurs de vigne ne sont pas appétentes pour les abeilles et autres pollinisateurs mais les effets des produits chimiques seront toujours conservés le lendemain. Le syndicat d’agriculteurs, Coordination Rurale, annonce désormais qu’il faudra alors jongler entre cet arrêté, les dérogations et les arrêtés anti-bruit qui interdisent les travaux agricoles après 22h.

Le projet en bref

Pour résumer, ce texte prévoit :

  • L’encadrement des épandages des produits phytosanitaires notamment durant la floraison des plantes.
  • Une heure légale du coucher du soleil pour procéder aux traitements chimiques.

En revanche ce dernier néglige d’autres points importants :

  • Aucune prise en compte de la durée du produit épandu.
  • Aucune surveillance des produits chimiques mis sur le marché.
  • Aucune prise en compte des produits qui tuent uniquement les larves et non l’imago.
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